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1er Colloque National sur Communication Publique et pari du développement politique

16 Août 2009 , Rédigé par Mouhtadi Publié dans #membres labo

 

Université Hassan II – Mohammedia

 

Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abstracts

et programme du Colloque tenu en avril 2006
**************

Problématique du colloque

 

La communication publique est au coeur du processus démocratique. Pour des raisons historiquement datées, le Maroc a pris conscience un peu tardivement de l’importance de cette branche des sciences sociales. Les hésitations au niveau de l’instance étatique, traduisent peu ou prou les appréhensions qui accompagnent l’acte d’informer en général, en l’absence d’un cadre conceptuel faisant l’unanimité. Engager une réflexion sur le thème de la communication publique, discipline tentaculaire et polysémique par définition, ne pourrait éluder la nécessité de dissiper les confusions touchant au substrat épistémologique du champ de la communication dans son acception globale.

La communication publique opère dans l’ensemble des appareils de l’Etat et de ses institutions (établissements publics, sociétés mixtes, régies), mais touche également aux médias (presse écrite et presse audiovisuelle). Elle fonctionne en contrepoids de ce que l’on appelle espace public ou sphère publique, laquelle dispute les termes du pouvoir et diffuse par le truchement de la presse, des idéaux, principes ou des valeurs âprement discutés par les parties en présence. Dans ce schéma étriqué, la communication institutionnelle s’adjoint naturellement au paysage, en tant que volet d’intégration culturelle et de régulation symbolique du marché. Les contours de la communication politique, quant à elle, demeurent incertains. L’interdisciplinarité et la diversité des approches qui la caractérisent tiennent à la transversalité  des problèmes posés, ce qui explique le recours à des disciplines aussi variées que la sémiotique, la sociologie, la linguistique ou l’anthropologie. La communication politique n’est pas un simple mode d’interchangeabilité de données informationnelles, elle est surtout un point d’appui pour la conquête du pouvoir. Entre l’une et l’autre, et dans la réalité du Maroc actuel, l’opinion publique patauge dans un flou indescriptible. Aussi, le défi à relever pour la recherche sociale dans les années à venir sera-t-il assurément de déterminer la nature et le mode de fonctionnement de cette opinion publique.

 

Argumentaire 

 

Le colloque sur la communication publique se propose ainsi de baliser la voie d’une recherche académique articulée à la vie publique et privée dans notre pays, dans le but de tracer le cadre général d’une réflexion décantée et ciblée sur les thèmes inhérents à la communication politique :

  • Etat, organes publics, partis politiques
  • médias (presse privée et presse d’opinion),
  • mission de l’audiovisuel (public ou privé) : instaurer et dynamiser un débat national centré sur la démocratie, le progrès et la modernité.

Partant de l’ampleur des déficits en ce domaine sensible de la gestion publique, l’objectif du colloque est donc foncièrement à déclinaison nationale. Il vise l’étude de le la scène publique marocaine d’un point de vue médiatique et dans une double perspective synchronique et diachronique. L’histoire contemporaine sert donc forcément de laboratoire à toute étude sérieuse sur les grandes tendances pouvant déterminer la lecture objective de l’évolution prévisible du système politique marocain. Le colloque tient surtout à marquer son territoire académique par le centrage de toutes les interventions au programme, sur des problématiques classiques de recherche scientifique, mais n’excluant pas dans le cours des débats, l’expression de différents acteurs et opérateurs impliqués dans le processus communicationnel (médias publics, communicateurs, politiques, etc.). Ce balayage académique se trace comme objectif de jeter les bases d’une plateforme théorique capable de supporter les analyses les plus diverses sur l’approche sociale et politique la mieux adaptée à la situation locale pour enclencher de réels processus de développement politique.


axes de recherche

 

 

    Axe 1 : Place de la communication dans la connaissance humaine

 

      Approche épistémologique centrée sur la définition des concepts et la revue  

      bibliographique de la littérature, déclinée sur les problématiques propres aux   

      sociétés en transition, dont le Maroc.

Thématique :

a- faire le point de la situation concernant la communication dans ses dimensions pluridisciplinaire,

b- cerner le concept de communication publique et politique dans le but de démontrer son apport à l’ancrage des processus démocratique,

c- bilan de l’expérience marocaine dans le domaine d’apprentissage et de maîtrise des techniques et mode de communication liés au développement politique.

 

Axe 2 : Culture politique, médias et construction de l’espace public

 

Approche empirique des fondements de la culture politique au Maroc, et le rôle des médias dans le façonnement de l’opinion publique.

Thématique :

a- apporter un éclairage historique et sociologique de la conversion aux modes de communication moderne, d’une société à forte tradition orale,

b- tracer les principales caractéristiques de l’opinion publique marocaine et ressortir le rôle joué par les médias audio-visuels et la presse écrite,

c- évaluation du contenu éditorial et tendances de l’enquête journalistique à la lumière des changements politiques et sociaux d’une société dite en transition.

 

 

    Axe 3 : Contrôle social et manipulation politique : les élites et les médias

 

                  Approche sociologique. Dans une perspective évolutive, examiner

                  la stratégie du pouvoir politique et les enjeux de la domination du champ de

                   production des valeurs symboliques.

Thématique :

a- tenter d’approcher le concept de contrôle social comme mode opératoire du pouvoir et des acteurs politiques,

b- inclusion et exclusion des élites dans le processus de la démocratisation et  du changement social,

c- objectivité et rationalité dans les médias, opinion publique et manipulation.

 

 

 

 


Colloque National

******

Communication publique

et pari du développement politique

 

Programme

 

Vendredi 21 avril 

 

8h30-9h15  :    Accueil et inscription des participants

9h30           :    Ouverture du Colloque

         - Allocution de bienvenue par le doyen

- Discours de la présidente de l’université

- Présentation du programme

 

10h15         :   Pause café

 

Axe 1 : Place de la communication dans la connaissance humaine

 

Modérateur : Mabrour Mohammed

10h30 : La communication publique, un instrument de diagnostic du système  

              politique

              Najib Mouhtadi, professeur de sciences politiques, Labercom - FSJES Mohammedia

11h15 : Le paradigme de la communication dans les relations internationales, essai

             de théorisation

                Abderrazek El Asser, professeur de relations internationales - Labercom, FSJES Mohammedia

11h30 : Bilinguisme et problématique de communication chez le sourd, étude 

             d’un échantillon à Casablanca

             Ahmed, Jadir, doctorant en linguistique, FLSH – Mohammedia

 

12h15 : Débat

 

Déjeuner

 

 

 

 

 

 

 

 

Après-midi

 

Axe 2 : Culture politique, médias et construction de l’espace public

Modérateur : Naji Jamal Eddine

14h30 : La question « Amazighe » dans la presse nationale : enjeux 

               d’appartenance et de rejet

                 Mabrour, Abdelouahed, Professeur de sociolinguistique, UFR Médiation des savoirs. Université Chouaïb Doukkali - El Jadida

15h15 : Parole  argumentée  et désenchantement politique

   Belmekki, Hassania, labercom – FSJES , Mohammedia.

16h00 : Sociopolitique des pratiques de communication en Afrique : l’exemple du média Internet en Mauritanie 

               OULD SID’AHMED, Taleb, docteur en Sciences de l’information et de la

               communication. Gresec,  université Stendhal, Grenoble 3.

16H45 : Débat

 

    Samedi 22 avril

Axe 3 : Contrôle social et manipulation politique : les élites et les médias

Modérateur : Mouhtadi, Najib

09h00 : L’information dans les médias : entre vérité révélée et représentation

             imposée,  l’exemple du sida dans la presse.

            coppola, Vincent et camus, Odile – doctorant au Laboratoire PRIS, Département de  

              Psychologie, Université de Rouen.

09h45 : La thématique religieuse dans les médias, cas de la presse islamique

             Allam, Azzeddine, Professeur de science politique, Labercom, FSJES - Mohammedia

 

10 H30 : Pause - Café

10h45 : Souci déontologique et médias, de la « nécessité d’un code de conduite »

              Naji, Jamal Eddine, Professeur à l’ISIC, chaire UNESCO en communication

              publique et communautaire.

11H15 : Débat  

Pause café

11h30 : Lecture du rapport final

12h00   : Clôture du colloque 


 

Axe 1 : Place de la communication dans la connaissance humaine

 

La communication politique, instrument de diagnostic

du système politique

 

Najib MOUHTADI

Professeur

 Laboratoire d’Etudes et de Recherches sur la Communication politique

FSJES - Mohammedia

 

Mots clés : communication publique, système politique, monarchie, acteurs politiques.

 

 

Résumé

 

Au Maroc d’aujourd’hui, il semble s’établir un consensus entre acteurs politiques et sociaux d’un côté et la communauté des chercheurs de l’autre, sur l’existence d’une transition plurielle et multiforme, une sorte de modus vivandi qui transparaît à travers des déclarations publiques et des écrits académiques. Le problème est que celle-ci dure depuis une dizaine d’années, et son étirement dans le temps a crée un air de suspicion, de désillusion, voire de déception. Pour les uns la transition est bloquée, pour d’autres, elle est biaisée par le « mauvais » tournant qu’elle a pris dés le départ. Il s’agit pour notre part, de poser les jalons d’un questionnement autour des manifestations explicites et implicites, tendant à renseigner sur un éventuel échec de la transition démocratique.

 

S’agit-il de la reconduction pure et simple du système autoritaire de l’ancien règne ou de la métamorphose de ce même système en une nouvelle forme encore difficile à définir. Aussi, proposons-nous une étude de la perception macro politique du jeu des acteurs en présence, à travers la communication publique et l’inscription qui en est faite dans le registre analytique d’une partie de la presse marocaine. S’agit-il d’une « opposition éditoriale » relayant une « opinion publique » dépitée ou déboussolée ? S’agit-il de l’expression réelle ou supposée d’affirmations corporatistes ou socioprofessionnelles ? Enfin, est-ce l’expression implicite de « poches de résistance » de l’ancien système se livrant  en désespoir de cause à un dernier baroud d’honneur ?

 

Nous rappellerons a priori comment la communication publique de l’indépendance à 1999, a servi une politique unilatérale et capricieuse ; du fait qu’elle excluait toute expression d’opposition sociale et politique. Dés le début des années 60, il y eut comme une rupture entre la monarchie sortie triomphante de l’épisode colonial et un « mouvement national » dépité et confiné malgré lui, dans le rôle d’une opposition politique, parfois modérée, parfois radicale. L’analyse de la politique de communication révèle une fonction de condensation des courants et attitudes des acteurs en présence, une sorte de réceptacle de « l’histoire politique » et des contradictions agitant l’étage supérieur de l’exercice du pouvoir. D’un côté comme de l’autre, les principaux acteurs politiques ont raté l’occasion d’asseoir les règles d’une communication sereine (Mouhtadi, N., 1999) qui accompagnerait l’élan d’un jeune Etat promis à un avenir radieux !

 

Exclusion et marginalisation des pouvoirs de contestation, ont engendré au sein de larges couches de la société, une déception doublée d’une profonde frustration encore perceptible aujourd’hui, malgré les changements structurels en cours sous le nouveau règne. Depuis le gouvernement d’alternance, l’opposition traditionnelle s’est retrouvée aux commandes de certains leviers de gouvernement, et de ce fait son attitude a progressivement basculé vers un discours de conciliation, puis de soutien du pouvoir. C’est dans l’interstice de cette métamorphose entamée dès le début de la décennie 90, qu’une presse privée, dite indépendante a vu le jour. Son apparition a coïncidé avec le déroulement de trois niveaux d’articulation - désarticulation ; qui marque encore de son empreinte la configuration du système politique dans son ensemble. 

 

Une transition monarchique avec la montée au trône d’un prince, héritier de la couronne, conformément à la constitution et aux traditions du Makhzen. Une transition politique dans laquelle les inconditionnels du pouvoir (partis loyalistes et domestiqués) ont cédé – non sans regret - la place à des élites ayant grandi pour la plupart dans l’opposition et le rêve du changement. Enfin, une transition sociale, dans laquelle de larges franges de la population se sont vues subitement libérées d’un système politique inquisiteur, oppressif et omnipotent, sans qu’elles aient de nouveaux repères qui tracent le cadre de la responsabilité dans un système qui revendique la fin d’une époque et le début d’une autre avec de nouvelles valeurs incomprises ou mal assimilées comme la citoyenneté, la modernité et les droits de l’homme…

 

Ces trois niveaux d’instances sociale et politique, se sont désagrégés concomitamment mais seule la transition monarchique s’est réarticulée dans des conditions optimales. Le niveau social et le niveau politique ont vécu leur mue un peu dans l’improvisation. Résultat : l’alternance ressemble à une rotation d’élites interchangeables, sans impact direct sur l’exercice du pouvoir politique stricto sensu. L’opposition a réussi son insertion dans le management administratif de l’Etat, mais demeure, sans influence significative sur la stratégie du pouvoir qui demeure d’immanence monarchique. La « routinisation » de l’exercice politique, et le jeu pernicieux de la banalisation du fait politique, recèlent en leur sein de grands périls pour l’avenir prévisible de la future génération, tant que les symptômes de dysfonctionnements sociopolitiques ne sont pas pris en compte. Les déviances d’une certaine presse et les abus de certains corps d’Etat, seraient-ils les indicateurs de la récidive d’une situation de déjà vu ? Sans verser dans le pessimisme qui nourrit tant de ressentiments, la transition politique et sociale semble être en phase asynchrone, et pour cela, elle mérite un sursaut national de nature à prendre en charge les défauts qui entravent la diffusion des idéaux de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

 

Bibliographie

 

-  Baida, Jama'a, (1996), «La presse marocaine d'expression française : des origines à 1956». Rabat Publication de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines,

- Camau, Michel, (1978), «Pouvoirs et Institutions au Maghreb», Cérès Productions, Tunis,

- Dubois, Françoise, (1991), «Une politique publique de communication, l'exemple de la promotion du plan triennal de la ville d'Amiens», in François Rangeon et al., La Communication politique, PUF, CURAPP,

- Giddens, A., (1989), The orthodox consensus and the emerging synthesis, Dervin and al., Rethinking communication, London, Sage,

- Khatibi, A (1998), L’alternance et les partis politiques, Eddif,

- Maarek P-J. (1992), «Communication et marketing de l'homme politique», Litec,

- Meny, Y. & Thoenig,  J. C., (1989), «Politiques publiques», Paris, PUF, Thémis,

- Mouhtadi, N. (1999), Essai sur la communication politique au Maroc, Revue Communication, vol.19, n°1, éditions Nota Bene,

- Rezshazy, Rudolf (1996), Pour comprendre l'action et le changement politiques, Duculot, Louvain la Neuve,

- Yoneji, Masuda, (1981), The information society, The world future Society, Washington D.C.


 

Pour une théorisation du paradigme de la communication

dans les relations internationales

 

Abderrazerk El Asser, professeur des Relations internationales, Labercom 

FSJES  - Mohammedia

 

 

Mots-clés : Relations internationales- théorie –objet- conflit- intégration- coopération- communication

 

Résumé :

 

Le champ scientifique des relations internationales est largement dominé par la théorie développée par l’école réaliste qui met l’accent sur le caractère éminemment conflictuel et anarchique de ces relations. Or, l’étude des relations internationales ne peut être cantonnée dans l’approche d’une seule dimension vu la complexité du fait international. Le présent article tente de mettre l’accent sur le caractère multidimensionnel des relations internationales, sur l’imbrication de deux paramètres de base qui structurent ces relations, à savoir « le conflit et l’intégration ». Ces deux paramètres ne peuvent être appréhendés que comme des relations sociales communicationnelles ; d’où l’importance du paradigme de la communication comme noyau dur de toute relation sociale ; ce paradigme structure les relations sociales internes et internationales, et peut dans une certaine mesure être à l’origine d’une nouvelle théorisation scientifique du champ dans sa dimension universelle.

 

La notion de communication dérive du verbe « communiquer », c’est à dire transmettre quelque chose à quelqu’un, partager quelque chose avec quelqu’un ; cette notion fait référence à une relation, à un lien entre au moins deux éléments A et B. Dans le cadre de la société humaine, toutes les relations sociales sont des relations de communication, d’échange…, il s’agit donc d’une modalité d’action et d’interaction dont les acteurs sociaux peuvent être individuels ou collectifs ; des acteurs qui agissent au niveau interne (dans le cadre d’une société nationale) et international (dans le cadre d’une société internationale). Toutefois, le questionnement fondamental tourne autour de la communication comme phénomène social inhérent à la société humaine, et surtout dans ses rapports avec le champ scientifique des relations internationales. c’est ainsi que la question principale de cette article est celle de savoir :  Dans quelle mesure le paradigme de la communication peut servir à la construction d’une théorie scientifique des relations internationales ?

 

En effet, les études consacrées au champ des relations internationales sont des études tiraillées entre le sectarisme théorique et la domination d’un discours idéologique développé par des approches incapables de s’affranchir de leurs fondements philosophiques. Cette réalité où la subjectivité règne, marque beaucoup plus la discipline des RI (1). Toutefois, le problème de théorisation dans le domaine des RI est un problème global qui concerne l’ensemble des sciences sociales ; car l’épineux obstacle de la séparation entre l’objet et le sujet cerne la recherche et contraint les chercheurs à élaborer des discours partiels et partiaux sur la réalité sociale (2).

 

Cet article met l’accent sur la nécessité de construire une théorie dans une approche sociologique pour appréhender le fait international comme un fait social, une démarche empirique et théorique à la fois, basée sur un travail de systématisation et d’organisation. Il s’agit, en somme, d’une analyse qui met l’accent en premier lieu sur le fait social international, abstraction faite de l’acteur ou du facteur qui peut se profiler derrière son occurrence. En effet, le paradigme de la communication est en premier lieu un paradigme empirique et non seulement théorique ; il fait appel à des actions et des relations qui émergent dans un espace social entre des acteurs qui interagissent. Cette manière de procéder s’efforce de ne pas séparer l’empirique du théorique, de libérer la recherche du discours philosophique et idéologique tendant à consacrer des doxa détachés de la réalité. Elle vise enfin, à créer le lien entre le cadre théorique et la réalité sociale ; et ce, à travers l’étude des différentes formes que peut revêtir un processus communicationnel.

 

Pour mettre en application cette perspective, il est nécessaire de mettre en évidence le fait que le caractère dual de la relation sociale « conflit / intégration » structure l’ensemble des fait sociaux. Ceux-ci sont des faits relationnels qui gravitent autour d’un épicentre lieu de fonctionnement de la sociosphère ; à savoir la notion de communication basée sur une relation sociale à deux paramètres : le couple (x,y) ; une forme mathématique simplifiée de deux variables qui structurent la relation sociale (3). Ce modèle analytique et explicatif permet de considérer l’ensemble des faits sociaux internes et internationaux comme des faits relationnels, et donc de mesurer l’action de tous les acteurs du système social quelque soit la taille ou la nature de cet acteur. Cette donne épistémologique dans le champ des RI peut-elle néanmoins servir à construire une théorie scientifique des RI analysées comme un système global ?

 

Partant du fait international comme fait social variable, mouvant et évolutif ; un fait qui embrasse l’ensemble des aspects de la vie internationale : politique, économique, socioculturel, technique, militaire, sportif…, mettant en relation une infinité d’acteurs qui agissent au sein d’un même système ; nous considérons cette réalité comme élément essentiel de la structuration du champ des RI. Cette contribution essaye de mettre en évidence le paradigme de la communication dans ce champ scientifique complexe.

 

Bibliographie

 

-         Birnbaum, P., Chazel, F., (1975), Théorie de sociologie, Coll.Thémis, Sciences sociales, Ed. PUF, 1er trimestre,

-         Claude Meyer : aux origines de la communication humaine, Collection ouverture philosophique .Edition L’Harmattan 2001 Paris,

-         Fossaret,  Robert (1977), La société Tome1. Une théorie générale, Ed. du Seuil

-         Grawitz, Madeleine (1996), Méthodes des sciences sociales, Ed Dalloz delta, 10e édition, Paris - France,

-         Jacob, André (dir) (1990), Encyclopédie philosophiques universelle dictionnaire II, les notions philosophiques, tome1, Ed PUF,

-         Lohisse,  Jean (2001), La communication, de la transmission à la relation, Edition de Boerk université 1ère Edition  Bruxelles,

-         Mucchielli, Alex, Corbaln, J-A., Ferrandez, V., (1998), Théorie des processus de la communication, Edition Armand Colin/Masson -Paris,

-         Yves Winkin (2001), Anthropologie de la communication, de la théorie au terrain, Edition du Seuil, Paris,


 

Bilinguisme et problème de communication

chez le sourd, résultats d’une étude empirique

 

Ahmed Jadir, UFR Communication Augmentative et Alternative

Département d’anglais Faculté des Lettres - Mohammedia

 

Mots-clés : communication augmentative et alternative, pathologie du langage, surdité, bilinguisme, manualisme, oralisme, méthode bilingue, la langue des signes.

 

 

Résumé :

 

      Nous voulons dans cette intervention porter la réflexion sur la question du bilinguisme et communication avec /chez le sourd. Nous abordons cette problématique à partir de la relation entre pathologie du langage (surdité) et communication augmentative et alternative (CAA). Nous présenterons la façon de traiter ce problème avec ces cas sourds et les résultats obtenus lors de cette expérience.

    La langue naturelle représente le moyen de communication le plus privilégié pour s'exprimer et s'entendre avec autrui. Elle permet aussi aux personnes d'acquérir des connaissances sur le monde environnant. Une privation du langage, due à un cas pathologique , entrave le développement cognitif de l'individu. L'association américaine pour le langage, la parole et l'articulation a défini la pathologie du langage comme une anomalie dans le développement de la compréhension ou dans l'usage du système d'écriture ou d'articulation. La surdité en est le cas le plus grave. Elle se définit soit par la perte de certaines capacités auditives (le malentendant) soit par la perte de toutes les capacités auditives (le sourd). Elle cause des problèmes au niveau de la communication et nécessite la présence d'un moyen alternatif pour le sourd, la langue des signes en l'occurrence. La CAA est une méthode de doter les personnes, qui ne peuvent communiquer au moyen de la langue naturelle ou qui souffrent de troubles de communication, avec des moyens augmentatifs ou alternatifs. Le but de l'utilisation des méthodes de la CAA est de permettre aux personnes souffrant de s'exprimer et transmettre leurs idées, de mener une vie productive, d'être capables d'acquérir la langue et de jouer un rôle dans la société.

 

     En rapport avec la surdité et les problèmes de communication qui s’en suivent, des méthodes essayent d’établir une communication avec le sourd. Rappelons qu’avant cette préoccupation, les sourds des temps anciens étaient jetés à la mer, sacrifiés au célèbre dieu Teutatès lors de la fête du Gui, précipités du haut des falaises, exposés sur les places publiques ou déposés dans les campagnes à cause de leur handicap langagière. Les méthode mises en œuvre pour pallier cette situation se résument en deux approches : oralisme et manualisme

 

      Dans cette perspective, notre intervention " bilinguisme et problème de communication chez le sourd ", est une étude que nous avons effectuée à l'Association Marocaine pour enfant Sourd à Casablanca, traite du problème de communication avec/chez et de l'importance de la solution communicative que propose le bilinguisme. C'est la nouvelle méthode que nous avons tenté de développer et d'approfondir suite aux lacunes que nous avons relevées dans les approches anciennes, oralisme et manualisme. L'objectif de cette méthode bilingue est de permettre le sourd d'établir une communication efficace avec autrui, de garantir son autonomie et son intégration dans le monde des entendants.

 

   Pour accomplir nos objectifs, nous avons fait appel à deux approches scientifiques différentes : l’intervieu (De Ketele et Roegiers, 1990) et l’observation directe (De Ketele, 1996). Après les visites régulières à l’AMES, nous avons désigné neuf cas sourds pour notre étude. Cette délimitation des sujets a été effectuée suivant les conditions proposées par De Ketele et Roegiers (1996). Les procédures de l’interview et de l’observation nous ont permis de réaliser partiellement les objectifs de la méthode bilingue notamment la création d’une communication aisée et efficace avec le sourd quelque soit la langue utilisée et quelque soit la nature de l’interlocuteur.

 

    Notons que cette méthode a eu l’approbation des sourds et de leurs maîtresses, car elle est simple, fonctionnelle et opérationnelle pour s’entendre avec le sourd tout en lui permettant de franchir ses obstacles en matière de communication. Les conditions de réussite de la méthode bilingue en faveur du sourd n’ont pas étaient pleinement satisfaites, et nous n’avons pu atteindre tous les objectifs escomptés par la présente étude.

 

 

BIBLIOGRAPHIE  

 

-         Aimard, P. (1982), L’enfant et son langage, Villeurbanne : SIMEP.

-         Baetens-Beardsmore, H. (1996) Bilingualism: Basic Principles, Clevedon, Multilingual Matters.

-         Baker,C. (1995), Parent’s and Teacher’s Guide to Bilingualism, Clevedon, Multilingual Matters.

-         Bouvet, D. (1982), La Parole de l’enfant sourd, P.U.F, Paris.

-         Conrad, R. (1979), The Deaf School Child, London: Harper Row.

-         De Ketele, J. M. (1990), Observer pour éduquer, Berne, Peter Lang

-         De Ketele, J. M et X Roegiers (1996), Méthodologie du Recueil d’information, Bruxelles-Paris, Ed. De Boeck et Ed. Universitaire.

-         Fishman, J. (1976), Bilingualism without diglossia; diglossia with and without bilingualism, Journal of Social Issues. XXIII-2, Stanford.

-         Prinz, P. and M. Strong (1997), A Study of the Relationship between American Sign Language and English Literacy.  Oxford University Press.

 


 

Axe 2 : Culture politique, médias et construction de l’espace public

La question « Amazighe » dans la presse nationale : enjeux d’appartenance et de rejet

 

Abdelouahad MABROUR, Professeur de sociolinguistique, UFR Médiation des savoirs. Département de L.L. Françaises. Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Chouaïb Doukkali - El Jadida

 

Mots-clés : Sociolinguistique, analyse du discours, planification linguistique, contact de langues et langues en contact.

 

Résumé :

 

Nous proposons d’intervenir sur un thème d’une actualité significative sur la scène politique, linguistique, culturelle et identitaire nationale. Il s’agit de la question « amazighe » telle qu’elle a été approchée, analysée et présentée au lecteur marocain par certains supports médiatiques, en l’occurrence la presse écrite (engagée, d’opinion ou dite indépendante).

Il n’est un secret pour personne que la question de la langue et de la culture amazighes était considérée, jusqu’à une date très récente, comme un sujet (d’une sensibilité qui embrasse le) tabou que le discours officiel, tenu par le pouvoir ou par (une bonne partie) d(l)es les responsables politiques, évite de débattre, du moins sur la scène publique.

Cette question, de portée nationale, au même titre d’ailleurs que d’autres sujets d’une grande importance pour le vécu de tous les Marocains, a été mise à l’ombre et a rarement dépassé l’enceinte des universités et les débats de colloques et de journées d’étude. Ce n’est qu’avec quelques réalisations, significatives il faut l’avouer, observées (et permises) dans le domaine des droits de l’homme et de la liberté d’expression que des sujets, jusque là qualifiés de “subversifs”, commençaient à faire surface et à trouver la place qu’ils méritent sous la plume de spécialistes : sociolinguistes, juristes, historiens, acteurs associatifs, etc.

Le statut de la langue amazighe, au sein d’un paysage sociolinguistique marocain assez complexe et compliqué (différentes variétés de l’arabe : arabe littéraire, arabe marocain avec ses différentes variétés régionales, variétés de l’amazighe, langue étrangères : français, espagnol, anglais, relations de bilinguisme (et parfois de trilinguisme) arabe/amazighe, arabe/français,… relation de diglossie et de triglossie,…), n’a jamais fait l’unanimité. Si tout le monde s’accorde à lui reconnaître son caractère national (la langue amazighe est la langue maternelle de millions de Marocains) on continue à lui refuser le droit d’être reconnue constitutionnellement comme langue officielle, au même titre que l’arabe dit « littéraire ». Le débat tourne autour de cette question : pour d’aucuns, reconnaître officiellement l’amazighe ne doit pas se limiter à un acte de parole « politique », sa reconnaissance doit nécessairement être accompagnée d’un certain nombre de mesures politique, juridique, linguistique, éducationnelle,... (Planification linguistique, normalisation, enseignement, présence significative dans le paysage médiatique et audiovisuel,…). Pour d’autres, la reconnaissance de l’amazighe ne doit pas entraîner une concurrence avec l’arabe, langue de l’Etat, « langue de la civilisation arabo-musulmane », « langue du coran »,… Le bilinguisme arabo-amazighe pourrait « nuire » à l’identité nationale, voire à l’unité nationale.

Nous essayerons à partir d’un corpus constitué essentiellement d’articles, et parfois de témoignages, parus dans des quotidiens et hebdomadaires nationaux (Al-‘ahdath al- maghribiyya, Al-‘ittihad al-‘ichtiraki, Al-casr, At-tajdid,…) ayant donné la possibilité à des universitaires et hommes politiques de débattre de cette question plus que jamais d’actualité, d’examiner le discours des uns et des autres (acteurs associatifs, hommes politiques, universitaires, juristes, islamistes, laïcs,…) en envisageant le contexte sociopolitique et sociolinguistique comme cadre dans lequel fonctionne ce discours et en nous basant sur le principe qui vise non seulement ce que dit le texte, mais aussi et surtout la façon dont il est dit, autrement dit le fonctionnement et l’orientation du message vers autrui, qu’il soit simple lecteur, lecteur averti ou adversaire,…

 

Bibliographie 

 

-          AMEUR M. et BOUMALEK A. (Sous la direction de) 2004, Standardisation de l’amazighe, Publications de l’I.R.C.AM., Rabat,

-          BAYLON Ch., 1996, Sociolinguistique. Société, langue et discours, Nathan, Paris,

-          CALVET L.-J., 1987, La Guerre des langues et les politiques linguistiques, Payot, Paris,

-          CHAKER S., (édité par) 1998, Langues et pouvoir, Edisud, Aix-en Provence,

-          KLINKENBERG J.-M. 2001, La Langue et le citoyen, PUF, Paris,

-          DE WITTE B., 1992, « Le Principe d’égalité et la pluralité des linguistique », dans GIORDIN H. (dir.), Les Minorités en Europe. Droits des minorités, droits linguistiques et droits de l’homme, Ed. Kimé, Paris,

-          GIORDIN H., (dir.), 1992, Les Minorités en Europe. Droits des minorités, droits linguistiques et droits de l’homme, Ed. Kimé, Paris.




PAROLE ARGUMENTEE ET DESENCHANTEMENT POLITIQUE

 

Hassania Belmekki

Professeur de Communication

Laboratoire de communication Politique - Labercom

Faculté de Droit Mohammedia

 

 

Résumé

 

Mots-clés : argumentation, stratégies argumentatives, discours politique, changement démocratique, dialogique.

 

 

Dans une tentative de comprendre les spécificités de la mise en discours à orientation sociale au Maroc, ainsi que  les conditions de réception du discours politique, cette contribution envisage la nécessité de lever le voile sur un malaise de communication sociale, d’un genre particulier ; à savoir les situations de  désenchantement, de plus en plus nombreuses, face à la parole publique. Cela nous semble-t-il, explique en partie le sentiment de défiance à l’égard du discours politique en général, d’autant plus que le « milieu intellectuel » garde un silence complice  face aux effets nuisibles sur cette phase dite de « transition ou de changement ». Cette situation de « désenchantement » est une rupture dans la chaîne dialogique en terme d' «influence profonde du discours-réplique» prévu en tout acte d'énonciation (Bakhtine, 1935). Ceci évoquerait l’incapacité du discours, du fait d’une incompatibilité argumentative, de se reconduire dans l’espace discursif en tant qu’opportunité pour le débat de société. Les interprétations erronées se multiplient et finissent par provoquer le désintérêt total de la part du public.

 

Nous nous sommes donc interrogé comment un discours peut-il intégrer l’espace discursif social d’une manière normale, se constituer comme objet de débat national et se développer dans une interrelation marquée par la course au pouvoir, l’influence de l’opinion publique, alors que d’autres discours ne produisent aucun effet de masse et poursuivent une trajectoire discrète pour finir tout au plus dans les cercles politiques fermés ?

 

On ne saurait parler de discours porteur de valeurs démocratiques sans le situer dans une construction argumentative. Le discours politique est naturellement de consistance dialogique, il se fonde sur une construction argumentative quand il éclot dans un cadre ne cultivant pas le dogme, et acceptant la différence et le débat.  Dans pareil cas, l’acte argumentatif ne se réalise ni dans la tentative de révélation ni dans la déclaration de vérité absolue, mais se réclame d’une quête de l’adhésion. Les stratégies argumentatives sont déployées dans le but de convaincre, de changer une représentation... observant le respect du principe d’articulation entre les éléments de conflit.

 

Leur impact est relatif à la possibilité de fonder les bases du fonctionnement dialogique du discours. Dans cette optique, nous attribuons à l’argumentation le sens élevé de la pratique démocratique. Elle sera automatiquement « censurée » quand il y a absence de réplique que consacre la critique, laquelle est tout aussi vitale pour l’aboutissement de la démocratie. Le désenchantement se pré&sente alors comme l’agonie de la démocratie.

 

La présente analyse porte sur l’étude de documents relevés dans la compagne électorale des communales de juin 1997, premier scrutin à être réellement traversé par l’idée du « changement », et où seront saisis des cas de « langue de bois », de messages « creux »,  futiles et prônant l’unilatéralisme. Un discours public qui porte en lui-même, les traces d’un malaise quant à la considération des moyens d’adhésion.

 

Notre approche consiste ainsi à spécifier les acquis de l’analyse du discours à travers l’identification des stratégies argumentatives, par un recours aux méthodes de psychologie politique. Celle-ci identifie les marges d’implication du public dans le message politique ainsi que les situations de non adhésion, provoquées par la mise en saillie de la référence idéologique au détriment de la dynamique communicationnelle et du raisonnement dialogique.

 

 

Bibliographie

 

 

- BON, Frédéric, Les discours de la politique, Economica, Paris 1991

- BRETON, Philippe, Gilles GAUTHIER, Histoire des théories de l’argumentation,    

                  La Découverte, Paris 2000,    

- CHARTIER, Lise,  Mesurer l’insaisissable. Méthodes d’analyse du discours de la presse,            

                  PUQ. 2003,

- DANBLON, Emmanuelle,  Argumenter en  Démocratie,  Ed. Labor. 2004,

- DETRIE, C., SIBLOT, P., VERINE, B., Termes et Concepts pour l'Analyse du Discours :

                   Une approche praxématique, Paris - H. Champion, 2001, 

- JAQUES, Francis, Dialogique, PUF. 1979,

- MAAREK, Philippe J., La Communication Politique Française après le tournant de 2002,        

                  L’Harmattan - 2004.

 


 

 

Sociopolitique des pratiques de communication en Afrique : l’exemple du média internet en Mauritanie

 

Taleb OULD SID’AHMED, docteur en Sciences de l’information et de la communication. Groupe de recherches sur les enjeux de la communication (Gresec), université Stendhal, Grenoble 3.

 

 

Mots-clés : Communication politique-Internet-Usages-Pratiques-ntic-espace public-Mauritanie

 

RESUME :

 

Nous tenterons d’apporter dans cette contribution un éclairage sur la question des pratiques de l’Internet qui s’opèrent actuellement sur une partie du continent africain. Pour comprendre les traits structurants de cette appropriation d’Internet en Mauritanie, il faudrait impérativement dépasser la dimension quantitative de la recherche car les résultats des enquêtes que notre étude a identifiés ont été profondément affinés par une approche qualitative basée sur des entretiens variés ayant touché tous les segments de la société mauritanienne. A tous les niveaux de nos enquêtes, entretiens et observations sur le terrain, ces pratiques qui du reste n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière, mettent en évidence les mêmes mécanismes de « braconnage » pour reprendre le terme de Michel de Certeau[1]. De ce fait, nous nous proposons simplement de mettre en lumière la récurrence d’un certain nombre de pratiques du média Internet tant dans le domaine politique que social, en rapport avec un contexte bien particulier à la Mauritanie et d’autres pays en quête d’un modèle de gouvernabilité qui puisse leur assurer stabilité des institutions et prospérité économique. Nous estimons, tout en prenant garde de céder à l’enchantement et aux affirmations non fondées, qu’Internet a fondamentalement prospéré ces dix dernières années sur un terreau où se rencontrent l’exclusion sociale d’une majorité de citoyens, les dysfonctionnements des institutions politiques et médiatiques, le poids des tropismes qui font le jeu des puissances étrangères dans les choix diplomatiques du pays. Tout un agrégat de facteurs si variés et si riches en événements qui ont placé la Mauritanie au centre d’une confrontation entre ses élites dirigeantes d’une part, et tous ceux parmi le reste de la population qui ne partageaient pas leurs choix politiques. Au milieu de ce duel, le rôle d’Internet est ainsi apparu comme un moyen à la fois de propagande, d’information, de communication militante et dans un tout autre registre, de contournement des pesanteurs sociales, en faisant ressortir des sujets tels que les rencontres virtuelles, le désir d’expatriation, l’assouvissement des désirs sexuels, etc.

Partant de l’analyse de contenu, l’observation ainsi que les entretiens semi et non directifs, notre étude des usages en cours de formation dans l’espace mauritanien fait ressortir une variété de crises politiques, de blocages économiques et de volonté d’autonomie qui gagnent de plus en plus la société mauritanienne. C’est tout l’intérêt de l’analyse du cadre discursif ainsi que l’étude à la fois des ressorts politiques, médiatiques et sociaux qui ont contribué à « populariser » le recours à Internet dans bien des cas pour arbitrer des conflits, souvent de nature hautement significative pour l’avenir du pays. Ainsi en est-il des exemples, depuis 2003, du coup d’Etat qui a failli coûter la vie ainsi qu’a sa famille à l’ancien président mauritanien, Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, dont le fil des événements, devant la confusion née de l’interruption des moyens de télécommunication au plus fort des combats, avait principalement été relaté par Internet qui servait de source pour les médias étrangers. Récemment encore, en avril 2005, l’attaque d’une garnison militaire dans le Nord du pays qui avait fait d’importantes pertes humaines et des dégâts matériels avait été revendiquée, deux jours après le drame, par le GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la prédication et le Combat)  sur un de ses sites Internet. Le fait important dans ce dernier cas est qu’Internet est apparu aux yeux d’un grand nombre de mauritaniens traumatisés par les événements de Lemgheïty, lieu du drame, comme l’unique source utilisée par le GSPC pour revendiquer l’attaque. Imprimé, photocopié et distribué en grand nombre, le communiqué indique que l’attaque visait à « punir le régime mauritanien pour avoir établi des relations avec Israël et emprisonné des leaders islamistes, et la police pour avoir battu à mort une sœur musulmane qui refusait d’enlever son voile ». Ces faits autour desquels se nouent des logiques contradictoires de part et d’autre, ne nous intéressent que dans la mesure où Internet est très souvent associé dans ces moments critiques pour l’avenir de la Mauritanie, à un média alternatif qui remplit une mission d’information que les médias officiels et privés n’assureraient plus. C’est donc dans l’optique de complément d’information, de média alternatif et d’outil de communication non soumis au contrôle étatique que les usagers rencontrés sur leur lieu de navigation ou dans leur vie de tous les jours identifient Internet.

 

                       Internet, embryon d’un espace public et privé en Afrique ?

La notion d’espace public a déjà fait l’objet de nombreux travaux pour ne pas trop s’y attarder dans cette communication. Seulement, nous retenons le constat fait par des auteurs comme Bernard Miège et Isabelle Pailliart sur le fait que l’espace public des temps modernes n’est plus comme celui décrit par Jürgen Habermas quand les journaux participaient à la formation des opinions dans les sociétés occidentales du XVIIIè siècle : l’espace public contemporain est plus que jamais éclaté et riche en acteurs d’une part, conflictuel, contradictoire et s’organisant sur le mode des intérêts politiques et économiques d’autre part, ce qui impliquerait que sa conception habermassienne soit revisitée.[2]

Pour notre part, nous estimons utile pour la recherche sur l’appropriation d’Internet en Afrique de prendre en compte les mutations qui s’opèrent actuellement dans les pratiques politiques et médiatiques des citoyens africains, ce qui nous permettra de dépasser la question du partage inégal de l’information et des ressources techniques qui semble prendre le dessus dans les forums internationaux. Le déséquilibre de l’information au niveau mondial sera une réalité aussi longtemps que survivront les inégalités économiques et sociales entre les pays riches et les pays pauvres. Mais l’autre débat sur Internet et la société de l’information qui reste occulté dans les sphères officielles porte sur deux constats, que notre recherche a contribué à faire jaillir ;  d’une part, la question de la liberté de l’information qui semble inexistante dans les médias publics africains, et faible dans les médias privés s’ils existent. D’autre part, le déclin des processus démocratiques initiés ces dernières années dans certains pays d’Afrique, voire son absence dans d’autres. Ces deux constats auxquels il faut ajouter l’exclusion des sphères économique et politique d’une majorité de population jeune pour la plupart, apparaissent en filigrane dans nos analyses sur l’émergence des pratiques du média Internet en Mauritanie.

C’est parce que les pouvoirs publics, les formations politiques traditionnelles qu’elles soient pro ou anti-gouvernementales, les médias d’Etat et ceux dits indépendants, les syndicats et les chefferies traditionnelles sont désormais désavoués par les nouvelles classes sociales africaines, qu’Internet comme mode d’expression et de militantisme, est en train de se constituer, sans se substituer totalement, en un nouvel espace public et privé.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

-          CERTEAU Michel (de), 1980, l’invention du quotidien, tome 1, Arts de faire : UGE, collection 10/18,

-          MIEGE Bernard, 1997, la société conquise par la communication, tome 2, La communication entre l’industrie et l’espace public, Grenoble : PUG.

-          PALLIART Isabelle (sous la direction de.), 1995, l’Espace public et l’emprise de la communication, Grenoble :  Ellug

-          BRAS Jean-Philippe (sous la direction), 2003, Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe, maison de la Méditerranée/ Maisonneuve et Larose

-          DELMAS Richard, MASSIT-FOLLEA Françoise (sous la direction de), 2002. « La gouvernance d’Internet », in Les cahiers du Numérique, volume 3, N°2, Hermès Lavoisier.

-          JOUËT Josiane, 2000, « Retour critique sur la sociologie des usages », in Réseaux N° 100, CENT-HERMES sciences publications.

-          KANE Hamidou Baba, 1983,  Medias et Pouvoirs dans un Pays en Voie de Développement. Le cas de la Mauritanie, Thèse de doctorat, Paris II, IFP.

-          HABIBOULAH Mohamed Abdou, 1975, l’information en Mauritanie, Thèse de doctorat de troisième cycle, Paris V.

-          ROY Olivier, 2002, L’islam mondialisé, Seuil.

-          JANREGUIBERRY Francis, PROULX Serge, 2002, Internet, Nouvel espace citoyen ? L’Harmattan

 

 


 

 

Axe 3 : Contrôle social et manipulation politique : les élites et les médias

L’information dans les médias : entre vérité révélée et représentation imposée. L’exemple du sida dans la presse.

 

Vincent COPPOLA et Odile CAMUS

Laboratoire PRIS, Département de Psychologie, Université de Rouen.

 

 

Mots-clés : Analyse du discours, Communication médiatique, Constructivisme, Représentations sociales, Stratégies discursives, SIDA/VIH.

 

Résumé :

 

- Les études réalisées sur la perception sociale du SIDA dans différentes sociétés culturelles montrent qu’il existe une représentation anxiogène du sida/vih faisant de ce dernier un « mal invisible et sournois » (Héritier Augé, 1992). Ces études sont l’occasion de constater la persistance de fausses croyances sur la transmission du virus et d’attitudes discriminatoires à l’égard des personnes séropositives. La société marocaine n’échappe pas à cet imaginaire social autour de la maladie, dans lequel s’entremêlent théories du sens commun, explications naïves et rumeurs, le tout formant « une sociologie spontanée du sida » (Dialmy, 2001a).

- Les travaux menés en France sur le sida dans la presse d’information générale ont contribué à montrer en quoi le discours médiatique n’est pas étranger à l’élaboration d’une telle doxa (Mercier, 1992 ; Dagenais, 1997 ; Herzlich et Pierret, 1999).Or, nous avons de bonnes raisons de penser qu’il en est de même concernant la presse marocaine, au regard de certains travaux s’attachant à montrer dans quelle mesure la communication médiatique du risque naturel au Maroc obéit à une logique de la « médiatisation » et non à celle de la « rigueur scientifique » (Saloui, 2003).

- Notre étude s’inscrit donc dans une problématique de l’ « objectivité » et de la « rationalité » dans les médias et elle s’attache à faire la distinction au sein du discours journalistique entre un propos à visée strictement informative et un propos qui relève plutôt de la « construction de l’événement » (Veron, 1981). Nous partirons alors de propositions issues du « constructivisme » en sciences de l’information et de la communication (Benoît, 2004 ; Charron et Jacob ; 1999) et de travaux critiques sur les médias dits « d’information » (Freund ; 1991 ; Charaudeau, 2005 ; Durand ; 2004) et tenterons de circonscrire la part « construite » dans et par le discours journalistique sur le sida.

- A l’idée d’une description transparente du réel, nous préférerons celle selon laquelle la parole médiatique est une parole le plus souvent orchestrée, qui s’inscrit dans un projet de manipulation et d’influence de l’opinion publique, par conséquent une parole orientée vers une visée autre que strictement (et élémentairement) informative. Dans le cas précis de la médiatisation du sida, nous verrons comment les procédés de mises en forme langagières qui résultent de cette « technicisation » de la parole peuvent s’ancrer dans des représentations plus larges de la maladie, épousant ainsi les formes d’une pensée commune faite de grilles d'interprétation autres que celles proposées par les tenants du traitement scientifique : pour une partie de la population marocaine, la maladie continue d'entretenir des rapports plus ou moins profonds avec le sacré et le religieux (Dialmy, 2000, 2001b ; Musso et al, 2002).

- L’hypothèse sera faite qu’une telle construction verbale de l’information laissant s’échapper tous les symboles anciens est susceptible d’orienter les croyances sur la contagiosité du virus et les attitudes face à la séropositivité. Quelques résultats expérimentaux obtenus à l’occasion de recherches plus empiriques seront présentés à l’appui de cette hypothèse.

- Finalement, notre étude pose la question du subtil pouvoir que la presse peut exercer, à travers une mise en parole profondément structurante, sur une doxa marquée par la labilité des croyances et où rien n’est garanti d’un possible basculement progressif de l’opinion publique vers une gestion autoritaire du sida. Elle montre également que certaines mises en scène discu

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rsives de l’information peuvent produire des effets contre  productifs en matière de prévention et de discrimination. A un moment où le Maroc est engagé dans une grande campagne d’information et de sensibilisation sur le SIDA[3] et où le besoin d’un « savoir communiquer et informer » sur cet objet se fait sentir parmi les journalistes[4], puisse ce travail contribuer modestement à cette entreprise.

 

Bibliographie

 

- Benoit D. (2004). Le constructivisme en communication : une évidence à revisiter. Questions de communication, 5, 185-202.

- Charaudeau P. (2005). Les médias et l’information. L’impossible transparence. De Boeck.

- Charron J. & Jacob L. (1999). Enonciation journalistique et subjectivité : les marques du changement. Les études de communication publique, n°14, Département d’information et de communication, Université de Laval, Québec.

- Dagenais B. (1997). Le sida et les mass-médias : les acteurs construisent la réalité. In J. Lévy et H. Cohen (Sous dir). Le sida, aspects psychosociaux, culturels et éthiques, pp. 463-484, Les éditions du Méridien, Montréal.

- Dialmy A. (2000). Jeunesse, Sida et Islam au Maroc. Les comportements sexuels. Casablanca, Editions Eddif.

- Dialmy A. (2001b). Anthropologie des MST-Sida au Maroc. Existe-t-il une politique de santé sexuelle ? In B. Hours (Sous dir). Systèmes et politiques de santé. De la santé publique à l’anthropologie. Editions Karthala, Paris.

- Dialmy A. (2001a). La construction sociale du VIH/SIDA au Maroc. Colloque Régional « Approche culturelle de la prévention et du traitement du VIH/SIDA ». Fès, Royaume du Maroc, 30 mai – 2 juin.

- Durand P. (2004). Médias et censure. Les figures de l’orthodoxie. Les éditions de l’ULG, Liège.

- Freund A. (1991) Journalisme et mésinformation. La Pensée sauvage.

- Héritier-Augé F. (1992). Un mal invisible et sournois. Revue Autrement, n°130, 148-157.

- Herzlich C. & Pierret J. (1999). La construction d’un phénomène social : le sida dans la presse française. Revue européenne des sciences sociales, 37 (114), 217-232.

- Mercier A. (1992). Les médias comme espace scénique. Information sur le sida et émergence dans le champ politique. In P. Favre (Sous dir), Sida et politique. Les premiers affrontements (1981 -1987). L’Harmattan, Paris, pp.109 -126.

- Musso S., Fanget D. & Cherabi K. (2002). L’éducation pour la prévention du VIH/Sida. Religion et éducation pour la prévention du VIH/Sida : un point de vue arabo-musulman. In Perspectives : Revue Trimestrielle d’Education Comparée, 32 (2), 119-127.

- Saloui A. (2003). Les catastrophes naturelles au Maroc, entre la rigueur scientifique et la médiatisation. Troisième colloque international sur l’histoire des risques naturels « Le traitement médiatique des catastrophes dans l’histoire : entre oubli et mémoire », Grenoble, Maison des Sciences de l’Homme, 10 – 12 avril.

- Veron E. (1981) Construire l’événement. Paris : Editions de Minuit.


Le discours religieux dans les médias, cas de la presse islamiste

(Communication en langue arabe)

 

Azeddine Allam, Professeur, membre du Laboratoire des études et recherches

sur la communication politique – FSJES - Mohammedia

 

 

 

 

Mots clés : Religion et presse, analyse du discours, islam politique, intellectuels, Maroc

 

 

Résumé :

 

Les composantes thématiques de cette intervention ; à savoir « islam » et « médias » constituent pour elles-mêmes un sujet fort sensible, puisque l’islam ne cesse, depuis plusieurs années déjà, de susciter l’intérêt de manière positive ou négative, et à s’imposer aux acteurs politiques et sociaux, tant sur la scène politique nationale que sur le plan arabe et islamique, voire à l’échelle de la planète entière.

 

De leur côté, les médias jouent un rôle multiple d’autant que leurs instruments et moyens se sont diversifiés à l’extrême avec ce que cela induit comme conséquence et influence sur la conduite et la pensée du citoyen converti en « consommateur d’informations ».

Nul doute également, que l’association « islam –médias » complique davantage toute tentative d’analyse objective et exhaustive, qu’elle soit de nature théorique ou empirique. En particulier, il est important de remarquer que la littérature consacrée à cette thématique demeure maigre, et le gros de ce volume ne dépasse guère le niveau de la description et des généralités.

 

Il n’est pas dans notre projet d’apporter, ici, les réponses à des questions qui peut-être, n’ont pas encore été posées avec suffisamment de clarté, mais nous nous attacherons  à poser certaines des interrogations que nous le souhaitons, serviraient de plateformes à des études ultérieures en ce domaine.

 

Comment se comporte la presse dite islamiste avec la question religieuse ? Quels sont les principaux thèmes traités et dans quelle mesure la religion interfère-t-elle dans diverses questions d’ordre politique, social et international objet du débat ? Quelle est la vision dominante de la question religieuse dans le discours islamiste et quels contenus à donner aux « messages » qu’ils se proposent  de transmettre aux lecteurs/récepteurs.

 

Ce sont là, les grands traits de cette communication qui tente à l’occasion de disséquer le contenu éditorial du journal « attajdid » considéré comme un des courants représentatifs de la mouvance islamiste marocaine.

 

 

 

 

 


 

Pour une déontologie des médias

 

Jamal Eddine Naji, Professeur à l’ISIC,

Chaire Unesco en communication publique et communautaire

 

 

Mots-clés : déontologie et souci déontologique, éthique des médias, liberté de la presse, journalisme et code de conduite.

 

Résumé :

 

La question déontologique est inhérente à n’importe quel corps de métier, à fortiori au journalisme, activité liée à un droit fondamental reconnu à l’échelle universelle ; à savoir la liberté d’expression et d’opinion. Le souci déontologique est donc normal, ce qui l’est un peu moins est la volonté de le « codifier » et donc de le figer dans un texte. Différentes thèses traversent le champ de fonctionnement des médias, mais la tendance lourde penche vers la nécessité de « baliser » le parcours professionnel des journalistes, d’autant que certains n’ont pas « ce réflexe naturel » que l’on appelle souci déontologique. Partant d’une étude réalisée au Canada (Fortin, Pierre, 1992), il en ressort que les journalistes retiennent six principes justifiant l’existence d’un code déontologique (autodiscipline, responsabilité, référence, cohésion, promotion sociale et intérêt public).

 

Plus qu’un vœu, « l’éthique » représente un « enjeu de société » du fait de la persistance de « zones critiques » qui se développent dans tout processus communicationnel dans les démocraties occidentales (Cornu, D., 1997). Il existe une riche littérature dédiée à l’éthique, au code de conduite et/ou à la déontologie en matière de presse. La liberté de la presse, elle-même sous composante spécifique de la liberté d’expression, réfère aujourd’hui à des repères universels qui constituent la matrice de l’exercice journalistique. C’est en Europe et en Amérique du nord durant la deuxième moitié du XIXème siècle, qu’apparaissent les premières tentatives de doter le métier d’un « code de conduite », lorsque la presse devenait une activité industrielle et le journalisme une profession.

 

Avant le 20ème siècle, des questions à forte préoccupation éthique et déontologique furent soulevées lors des premiers congrès comme « l’exactitude de l’information », « la mission d’informer ». Une progression du souci déontologique qui allait se traduire par l’élaboration des premiers codes aux États-Unis et en Europe à l’image de « la charte des journalistes français » adoptée en juillet 1918 par le syndicat des journalistes français, et qui demeure un des textes fondateurs en la matière, toujours en vigueur.

 

Depuis le second conflit mondial, le souci de « normaliser » l’exercice de la liberté de la presse allait trouver des ancrages ou repères universels dans le référentiel des Nations Unies. A cet effet, l’ancrage dans le système onusien est une balise importante qui s’inspire directement de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948. Par son article 19, elle consacre une référence claire concernant la liberté d’expression, mère naturelle et nourricière de la liberté de la presse pour l’exercice de laquelle les codes cherchent justement à définir « des règles de conduite ».

 

Il existe également des ancrages dans les organisations et regroupements professionnels à l’échelle internationale. Admise par les grands textes du droit international et souhaitée par nombre d’agences spécialisées de l’onu, la déontologie du journalisme ne se prête pour autant, à une « normalisation universelle », une consignation qui soit la même pour l’ensemble des médias et des journalistes à travers le monde.

 

A la lumière de l’évolution des médias et leurs états de services, peu reluisants sur les dernières années en matière d’éthique, il est difficile d’accepter l’idée de renoncer à une codification déontologique, fut-elle une simple déclaration de principe. « Tout dire, tout permettre » au nom de la liberté de la presse, n’est plus acceptable, même aux yeux des concernés eux-mêmes, parce que l’absence de balises éthiques rend pour le moins la compétition intenable, improductive, voire dangereuse pour la place et le crédit des médias et des journalistes au sein de la société. 

 

Bibliographie

 

-    Balle, Francis (2001), Médias et société, Paris, Montchrestien, 10ème édition,

-    Bernier, Marc François (1995), Ethique et déontologie du journalisme, Ottawa, les presses de l’université,

-    Bertrand, Claude Jean (1999), La déontologie des médias, Paris, QSJ n° 3255, PUF,

-    Charron, Jean-Marie, 1990, Questions de déontologie, Revue Esprit, n° 167, Paris,

-    Cornu, Daniel (1997), Ethique de l’information, Paris, QSJ n°3252, PUF,

-    Fortin, pierre (1992), Quelques enjeux éthiques liés à la pratique du journalisme, in « éthique de la communication publique et de l’information », Québec, Cahiers de Recherche éthique 17, Edition FIDES.

-    Grellier, Claude, 1998, Le juge garant de la déontologie journalistique, Revue Médias Pouvoirs, déontologie des médias, les exigences de la démocratie, n°4, Nouvelle série, Paris,

 

 



[1] CERTEAU Michel (de), 1980, l’invention du quotidien, tome 1, Arts de faire : UGE, collection 10/18,

 

 

[2] Voir les ouvrages suivants :

MIEGE Bernard, 1997, la société conquise par la communication, tome 2, La communication entre l’industrie et l’espace public, Grenoble : PUG.

 PAILLIART Isabelle (sous la direction de.), 1995, l’Espace public et l’emprise de la communication, Grenoble : Ellug,

[3] L’opération « Sidaction Maroc 2005 » diffusée le 9 décembre dernier sur 2M, TVM, 2M Maroc et Al Maghribia, organisée par l’Association Marocaine de Lutte Contre le Sida (ALCS), en collaboration avec d’autres partenaires.

[4] Nous en voulons pour preuve les quelques sessions de formation organisées en 2005 par l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC), en partenariat avec le Ministère de la Santé, à l’adresse des journalistes sur le thème « Traitement journalistique de la thématique du sida et des infections sexuellement transmissibles ».

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